Comment introduire un produit que personne ne connaît, qui n’a aucun référent culturel et dont personne ne sait même prononcer le nom ?
La réponse tient en 3 leviers simples, mais redoutablement efficaces : storytelling, pédagogie et marketing visuel.
C’est ce qu’a réussi Fatiha Abbad avec l’ube, une racine violette venue des Philippines, aujourd’hui tendance dans l’univers food.
Lancer en France un produit totalement inconnu ? Pari risqué, mais fascinant.
L’histoire de Blubea était trop inspirante pour ne pas être racontée.
Je lui ai donc proposé d’en faire un article pour partager une méthode reproductible pour lancer un produit de niche, même sans notoriété.
Table des matières
- Le défi : lancer un produit totalement inconnu en France
- La stratégie marketing pensée pour un produit sans demande
- Accélérer la légitimité et les ventes : tests, influence et terrain
- Branding : créer un univers qui attire avant même qu’on goûte
- Adopter le produit : d’un test curieux à des usages répétés
- Preuve du marché : quand les signaux montrent que la tendance prend
- Conclusion : transformer l’inconnu en source d’inspiration
Le défi : lancer un produit totalement inconnu en France
1. Un produit absent du paysage culinaire français
Lorsque j’ai décidé de lancer un produit totalement inconnu du public français, je savais que la route serait longue.
Je pensais être préparée à la difficulté de créer une marque.
Ce que je n’avais pas anticipé, en revanche, c’est l’effort nécessaire pour faire exister quelque chose qui, pour la plupart des gens, n’existait tout simplement pas.
Le produit que j’ai choisi d’introduire en France, l’ube, est une racine violette très populaire aux Philippines.
Là-bas, elle est partout. Ici, elle n’était nulle part.
Le fossé entre ces 2 mondes était immense et ce défi m’a donné envie de me lancer.
2. Le moment de découverte qui a tout déclenché
Je me souviens parfaitement du moment où j’ai découvert l’ube.
C’était lors d’un voyage aux Philippines.
Je ne m’attendais pas à ce qu’une racine transforme autant ma vision du marketing.
La première fois que j’ai vu un dessert ube, j’ai été fascinée.
La couleur était d’un violet profond, presque irréel.
Dans un café de Manille, j’ai commandé un simple latte.
Lorsqu’ils ont ajouté l’ube, le lait a changé de teinte sous mes yeux.
Le violet s’est diffusé lentement, comme une encre dans l’eau.
À ce moment-là, j’ignorais que cette couleur deviendrait le cœur d’un projet entrepreneurial entier.
Je me suis seulement dit : “Comment est-il possible que cela n’existe pas chez nous ?”
3. L’incompréhension du marché au retour en France
De retour en France, la réalité m’a rattrapée.
Personne ne connaissait l’ube, personne ne savait comment le prononcer, personne ne pouvait même en imaginer le goût.
Lorsque j’ai commencé à en parler autour de moi, les réactions étaient toujours les mêmes.
Certains y voyaient un colorant chimique.
D’autres imaginaient une betterave exotique.
Quelques-uns creusaient plus loin et me demandaient si cela venait du Japon, à cause de la ressemblance avec le mot “ube” qu’ils associent à tort au “ube ice cream” vu sur TikTok.
Je me suis retrouvée devant un constat simple, mais décisif : avant de vendre le produit, je devais vendre l’idée du produit.
Je devais expliquer ce qu’est l’ube, d’où il vient, ce qu’on peut en faire, pourquoi il est aussi spectaculaire, et surtout pourquoi il mérite une place dans notre cuisine.
La stratégie marketing pensée pour un produit sans demande
1. Révéler, éduquer, rassurer : le marketing change complètement
Cette prise de conscience m’a guidée vers une stratégie très différente de ce que j’avais imaginé à l’origine.
Avec un produit inconnu, les règles du marketing changent.
Il ne suffit plus de convaincre.
D’abord révélez. Puis, éduquez et racontez.
Et surtout, montrez.
Parce que l’ube est un produit visuel autant que gustatif.
Sa couleur raconte déjà une histoire.
Le marketing devait être conçu pour que les personnes puissent la voir, la comprendre, et aussi la désirer.
2. Construire un storytelling pour ouvrir la curiosité
La première étape a été de construire un storytelling solide.
Le voyage aux Philippines n’était pas qu’un point de départ, c’est un élément narratif central.
J’ai commencé à raconter cette découverte :
- Les marchés dans lesquels les produits violets se succèdent en une palette infinie.
- Les boulangeries dans lesquelles l’on trouve des brioches violettes, des donuts violets, des gâteaux entièrement recouverts de crème à l’ube.
- Ces cafés où l’on voit des boissons aux couleurs incroyables, sans aucun colorant artificiel.
Cette immersion dans une culture où la couleur est tradition, et non gadget, a touché les gens.
Progressivement, j’ai vu la curiosité remplacer la méfiance.
3. Le contenu éducatif comme premier levier de croissance SEO
Cette curiosité a été le moteur de tout ce qui a suivi.
Le contenu éducatif en est devenu la pierre angulaire.
Le premier article que j’ai publié pour expliquer ce qu’est l’ube a été un succès inattendu.
Au début, j’avais quelques dizaines de visiteurs par jour.
Puis Google a commencé à m’envoyer du trafic.
100 visiteurs par jour, puis 200, puis 500.
Aujourd’hui, cet article, renforcé par de nouveaux contenus, attire des milliers de visiteurs par mois.
Le SEO a joué un rôle fondamental. Et ce ce n’était pas qu’une question de mots-clés.
C’était une question de pédagogie.
Pour un produit inconnu, le contenu agit comme un pont entre 2 mondes.
Les internautes ne cherchaient pas “ube” puisqu’ils ignoraient que ça existait.
Ils cherchaient des recettes originales, des idées de desserts colorés, des alternatives naturelles aux colorants, des superaliments tendance.
En répondant à ces besoins indirects, j’ai ouvert la première porte.
4. Montrer plutôt qu’expliquer : le pouvoir du visuel
Les réseaux sociaux ont ouvert la deuxième.
L’ube est naturellement spectaculaire.
Cette couleur fascinante me promettait un avantage énorme : l’effet “scroll-stop”.
Ce moment où, dans un flux infini de contenus, une image ou une vidéo oblige l’utilisateur à s’arrêter.
Mon premier succès sur les réseaux ? Une vidéo de 15 secondes montrant un latte devenir violet.
Aucun texte, aucun message commercial, juste une transformation visuelle.
Cette vidéo a dépassé les 400.000 vues en quelques jours.
C’est à ce moment-là que j’ai compris que l’ube ne devait pas être expliqué en premier. Il devait être montré.
Accélérer la légitimité et les ventes : tests, influence et terrain
1. Les premiers retours clients : comprendre l’impact émotionnel
Les premiers retours clients sont arrivés peu après.
Beaucoup me disaient qu’ils avaient acheté le produit “simplement pour essayer”, d’autres parce qu’ils avaient vu des influenceurs l’utiliser.
Certains étaient intrigués, d’autres complètement passionnés par la couleur.
Une cliente m’a même dit que son fils ne buvait jamais de lait, mais qu’avec l’ube, il en redemandait.
Ce retour m’a profondément marquée. En effet, il montrait que l’ube pouvait s’intégrer dans des histoires personnelles.
Ce n’était pas uniquement un produit esthétique. C’est un produit qui provoque quelque chose de nouveau.
Les collaborations avec des micro-influenceurs ont donné un nouvel élan au projet.
J’ai obtenu des vidéos authentiques, des recettes spontanées, des dégustations sincères…
Je me souviens particulièrement d’une vidéo de cookies violets.
La créatrice n’avait jamais utilisé l’ube auparavant.
Elle a filmé ses réactions en direct.
Elle était surprise par la douceur du produit, par le fait qu’il n’y ait pas d’arrière-goût étrange.
Sa vidéo a généré plus de cent quarante ventes en un week-end.
Cette expérience m’a appris que pour un produit inconnu, vous devez laisser les influenceurs le découvrir en même temps que leur audience.
Le naturel convertit mieux que n’importe quelle campagne scriptée.
3. Le travail offline pour compléter le digital
Ce travail en ligne a toujours été complété par un travail offline. J’ai organisé des dégustations pour observer les réactions en direct.
J’ai présenté le produit à des coffee shops, à des chefs, à des pâtissiers. Certains étaient enthousiastes, d’autres sceptiques.
Mais chaque échange m’a aidée à affiner mon discours. Une chef m’a dit un jour que la couleur était “trop intense pour un dessert classique”.
Grâce à ce retour, j’ai modifié la quantité recommandée sur mes fiches produits.
J’ai ajusté le packaging, changé l’épaisseur de certains grammages, testé différents matériaux.
Mon conseil : le terrain donne des réponses que les analytics ne donnent pas.
4. Construire la crédibilité grâce aux articles invités
En parallèle, j’ai publié des articles invités pour renforcer la crédibilité du produit.
Un article publié sur un site de voyage racontant la découverte de l’ube a généré plus de 1000 visites en 3 jours.
Un autre, publié sur un site culinaire, a permis d’augmenter mon autorité SEO.
Cette stratégie a été cruciale.
Un produit inconnu ne peut pas exister uniquement sur son propre site.
Il doit être reconnu par d’autres plateformes pour se construire une légitimité.
Branding : créer un univers qui attire avant même qu’on goûte
1. Branding visuel : l’esthétique avant le goût
L’autre surprise a été l’impact du branding.
Au départ, je pensais que la couleur serait le seul élément réellement marquant.
Pourtant, c’est l’univers global de la marque qui a captivé.
Le violet, bien sûr, a joué son rôle.
Par contre, c’est surtout le contraste entre l’esthétique douce, féminine, pastel et la nature brute de la racine qui a créé une identité visuelle cohérente.
À plusieurs reprises, des clients m’ont écrit pour me dire qu’ils avaient acheté d’abord parce que le produit était “beau”.
Cette remarque m’a toujours frappée. Elle souligne à quel point l’apparence peut être la première porte d’entrée vers un produit encore inconnu.
On goûte d’abord avec les yeux.
2. Humaniser la marque pour lever les barrières
Pour répondre à ces questions, j’ai intégré des contenus beaucoup plus personnels à ma communication.
J’ai filmé les moments où je testais moi-même une recette, les ratés comme les réussites.
Je me souviens notamment d’une vidéo dans laquelle mes pancakes étaient sortis beaucoup trop violets, presque fluorescents.
Je n’étais pas sûre d’oser la publier.
Finalement, je l’ai mise en ligne, avec un commentaire léger sur le dosage.
À ma grande surprise, la vidéo a très bien fonctionné. Les internautes m’ont remerciée de montrer les imperfections.
Ils se sentaient plus libres d’essayer, moins intimidés. C’est là que j’ai compris que la vulnérabilité est aussi un outil marketing lorsqu’elle est sincère.
Adopter le produit : d’un test curieux à des usages répétés
1. Comprendre la diversité des usages pour mieux servir les clients
Une autre étape inattendue de cette aventure a été la rencontre avec les premières clientes fidèles.
Très tôt, j’ai remarqué un phénomène. Certaines personnes revenaient régulièrement acheter de l’ube, mais toujours pour des raisons différentes.
- L’une d’elles voulait simplement ajouter un peu de couleur aux goûters de ses enfants.
- Une autre l’utilisait pour créer des entremets haut de gamme qu’elle vendait sur commande.
- Une troisième était passionnée par la cuisine philippine et voulait recréer les recettes de sa grand-mère.
En voyant cette diversité d’usages, j’ai compris que je n’étais pas en train de vendre un produit, mais une palette créative.
L’ube n’était pas une réponse unique à un besoin unique. Il était un support pour des histoires individuelles.
C’est ce qui explique mon taux de clients récurrents supérieur à 30 %.
2. Les ateliers culinaires : voir la surprise en direct
En parallèle de tout ce travail numérique, le développement terrain s’est poursuivi.
J’ai eu la chance d’être invitée dans plusieurs ateliers culinaires pour présenter l’ube à des groupes de passionnés.
Lors d’un atelier à Lyon, je me souviens d’une dame qui, après avoir goûté un ube latte pour la première fois, m’a simplement dit : “C’est comme si on découvrait une nouvelle couleur.”
Cette phrase m’est restée longtemps.
Elle montre que lorsque vous introduisez un produit inconnu, vous ne vendez pas une saveur.
Vous vendez une sensation, une émotion, une nouveauté qui transforme la routine.
C’est peut-être cela qui explique pourquoi l’ube attire autant les créatifs, les pâtissiers amateurs, les blogueuses culinaires, et même les enfants.
3. Transformer la peur du nouveau en confiance
Au fil des mois, à force d’observer les comportements des clients, j’ai compris que l’introduction d’un produit inconnu repose sur une mécanique très précise, presque psychologique.
Nous n’avons pas peur du nouveau.
Nous avons peur de nous tromper. En réalité, nous craignons d’acheter quelque chose que nous ne savons pas utiliser.
Le rôle du marketing ne consiste donc pas seulement à séduire, mais surtout à rassurer.
Je me suis mise à analyser chaque message reçu, chaque hésitation, chaque question répétée.
Les clients me demandaient souvent s’il était sucré, s’il colorait tout, s’il se mélangeait facilement.
Ces interrogations simples m’ont montré la voie.
Je devais créer un environnement où l’ube n’était plus perçu comme un mystère, mais comme une invitation douce et maîtrisée.
4. Tester, optimiser, recommencer
L’optimisation continue a été l’autre clé du succès.
J’ai testé plusieurs versions de mes pages produits, différentes longueurs de contenu, diverses manières de présenter les photos, plusieurs types d’accroches.
Une version très longue d’une fiche produit a finalement surpassé toutes les autres, augmentant mon taux de conversion.
Une vidéo de 1à secondes a parfois généré plus de ventes qu’un tutoriel complet.
Le marketing digital n’est jamais figé. Il demande observation, patience et essais répétés.
Preuve du marché : quand les signaux montrent que la tendance prend
1. Analytics : la tendance apparaît dans les données
Les analytics, eux aussi, ont raconté leur propre histoire.
Au fur et à mesure que je partageais davantage de contenu authentique, j’ai vu le temps passé sur mes pages augmenter.
J’ai vu le taux de rebond diminuer.
J’ai vu les recherches associées à l’ube émerger progressivement sur Google en France.
Au début, il n’y avait presque rien.
Aujourd’hui, des utilisateurs tapent “recette ube”, “gâteau ube”, “ube France”, “latte violet”, et même “où acheter ube”.
Voir ces requêtes émerger fut un moment marquant. Elles prouvent que l’ube n’est plus invisible.
Il est devenu un objet de recherche, un sujet d’intérêt, une tendance en émergence.
2. Quand un produit inconnu commence à inspirer
Aujourd’hui, lorsque je regarde le chemin parcouru, je réalise que la difficulté de lancer un produit inconnu s’est transformée en avantage.
L’ube attire l’attention parce qu’il est différent. Il intrigue. Il surprend.
Et ce qui surprend à la capacité de devenir viral.
Le site attire désormais des milliers de visiteurs chaque semaine.
Les ventes progressent. Les clients reviennent.
Les cafés commencent à proposer le produit. Le bouche-à-oreille se développe naturellement.
3. Construire une tendance, un geste à la fois
Avec le recul, je comprends que le succès n’est pas venu d’un coup, ni grâce à une seule action spectaculaire.
Il s’est construit comme on tisse un tissu, fil après fil.
- Une vidéo qui intrigue.
- Un article qui explique.
- Une dégustation qui convainc.
- Une influenceuse qui surprend son audience.
- Un client qui partage une photo.
- Une fiche produit améliorée.
- Une nouvelle recette postée un dimanche matin.
Rien n’a été inutile.
Tout a contribué à installer l’ube dans l’esprit des gens, doucement mais sûrement.
La force d’un produit inconnu vient justement de sa capacité à provoquer l’étonnement.
Et l’étonnement est un moteur puissant lorsqu’on sait l’accompagner avec patience et cohérence.
Visitez notre site internet Blubea et découvrez nos nombreux produits. Peut-être que cette racine violette, elle aussi, va créer chez vous une première émotion qui en appellera d’autres.
audrey : Merci Fatiha pour ce partage inspirant. Ce retour terrain est précieux. Il illustre parfaitement qu’un lancement ne se joue pas seulement en ligne. Le terrain, les dégustations et les retours directs font la différence.
FAQ – À retenir pour lancer un produit inconnu
Est-il difficile de lancer un produit que personne ne connaît ?
Oui. Vous devez d’abord éduquer avant de vendre. Montrez l’origine, l’usage, le goût, et rassurez. Le public achète plus facilement ce qu’il comprend et visualise.
Comment rendre un produit inconnu désirable grâce au digital ?
Montrez avant d’expliquer. Publiez des vidéos courtes, des démonstrations visuelles et des recettes simples. La répétition crée la familiarité, puis l’envie d’essayer.
Par quoi débuter pour introduire un produit de niche ?
Créez du contenu pédagogique. Expliquez ce que c’est ? Comment l’utiliser ? Proposez une première recette facile pour lever les hésitations.
Quels résultats espérer avec une stratégie régulière ?
Visez la progression. Trafic croissant, achats répétés, bouche-à-oreille actif. Une stratégie cohérente fait évoluer l’inconnu vers l’adoption, puis vers la tendance.
Vous souhaitez lancer un produit, clarifier votre stratégie ou gagner du temps sur les bonnes actions à mener, réservez une séance gratuite pour en parler. Vous repartez avec un plan clair et personnalisé.
Conclusion : transformer l’inconnu en source d’inspiration
Ce projet nous apprend qu’introduire un produit inconnu n’est pas une bataille contre l’ignorance.
C’est un chemin fait d’essais, de surprises, d’observations, de dialogues.
Une danse avec la curiosité, où l’on avance pas à pas. Chaque retour compte, chaque contenu ouvre une porte et chaque test affine la compréhension.
Ce qui n’existait pas hier peut trouver sa place demain.
Il suffit parfois d’une histoire racontée avec sincérité, d’une couleur qui intrigue, ou d’une première dégustation qui surprend.
L’ube n’avait aucun référent en France. Il est devenu un sujet de conversation, un ingrédient que l’on essaye, que l’on photographie, que l’on partage.
C’est ainsi qu’un simple produit inconnu se transforme en expérience, puis en habitude, puis en tendance naissante.
Si cette aventure m’a enseigné quelque chose, c’est qu’un lancement ne se décrète pas : il se construit.
Fil après fil.
Recette après recette.
Client après client.
Vous vous demandez comment tester votre marché en physique ? Jetez un œil aux pop-up stores.
Et vous, avez-vous déjà lancé un produit ou un service inconnu sur le marché ? Comment cela s’est-il passé ?


