Vous l’avez peut-être déjà remarqué !

Les gens ont de plus en plus de mal à se décoller de leur smartphone, à être concentré sur ce qu’ils font…

Ils ont l’air de faire 36 choses à la fois…

Est-ce en lien avec le Web et les réseaux sociaux ?

Peut-être… Le sujet que j’aborde aujourd’hui est le syndrome de déconcentration.

Mais nul n’en parle mieux, dans l’équipe #audreytips, que Laurent :

Je m’intéresse un peu à la concentration et aux méthodes à pratiquer pour améliorer sa capacité à se concentrer sur la tâche en cours. C’est important pour moi, pour mon équipe d’être efficace dans mon travail. Et je suis tombé récemment sur un article sur la déconcentration, a priori liée aux nouvelles pratiques du Web.

Je rencontre de nombreuses personnes qui indiquent être confronté à ce problème de concentration.

D’ailleurs, bien gérer sa concentration aide aussi à prendre du plaisir au travail ! Un point important pour tout entrepreneur.

Alors, découvrons tout d’abord de quoi il s’agit : qu’est-ce-que le syndrome de déconcentration ?

Le Syndrome de Déconcentration : le mal du XXIe siècle ?

Votre Temps de Concentration est inférieur à celui d’un Poisson Rouge

Le syndrome de la déconcentration consiste à papillonner intellectuellement et mentalement au lieu de réfléchir à un point en particulier.

Un problème de concentration engendre l’incapacité de focaliser votre attention sur une tâche à accomplir.

Évidemment, cela peut être dû à un manque de motivation ou de compétence pour réaliser cette tâche.

Mais, en 2020, avec tous ces écrans, les notifications et notre capacité à avoir peur de manquer (FOMO) font que nous sommes en permanence sollicités et que nous répondons positivement.

C’est peut-être le mal du XXIe siècle.

Tout a commencé avec la multiplicité des chaînes de télévision.

Il y a également les autres écrans, de plus en plus petits et puissants et donc toujours près de nous.

Parallèlement, les réseaux sociaux sont apparus.

Être présent partout et tout le temps est le nouveau credo à la mode. Les Américains annoncent fièrement qu’ils sont « Always on » (ou toujours connectés).

Et ainsi, la génération zapping est née !

Vous voyez de quoi je parle ?

Un(e) collègue vous envoie un e-mail alors qu’il (elle) est à 3 mètres de votre bureau. Averti immédiatement, vous êtes irrésistiblement attiré par sa lecture… et interrompu dans votre travail !

Ce n’est pas très grave, me direz-vous ?

Mais il faut 64 secondes reprendre le fil de sa pensée après avoir interrompu son travail pour lire un e-mail.

En plus, 43 % des salariés français se disent interrompus au moins toutes les 10 minutes par un message (source Capital).

Les mails, les posts, les coups de fils : les sollicitations sont multiples et vous êtes de moins en moins capable de vous atteler à une tâche complexe.

Rassurez-vous vous n’êtes pas le ou la seule. De nombreuses études ont été réalisées.

Par exemple, L’ORSE a publié en 2015 un guide très fourni qui décrit l’impact des outils numériques sur les relations managériales.

Notre durée d’attention est inférieure à celle d’un poisson rouge

Microsoft : La capacité d'attention de 8 secondes

Quoiqu’il en soit, à force de zapper, de trier dans un flux permanent d’informations, notre durée d’attention est tombée à 8 secondes, alors que celui d’un poisson rouge est de… 9 secondes.

La durée d’attention est le temps passé à se concentrer sur une tâche avant de se laisser distraire.

Sur ce sujet, Microsoft a réalisé une étude auprès de 2.000 Canadiens en 2015 qui confirme ces chiffres (source infopresse).

Note : l’étude ne précise pas combien de poissons rouges ont été nécessaires…

On y apprend que cette diminution de capacité d’attention n’est pas liée à l’âge. La cause principale est l‘utilisation des écrans, des réseaux sociaux…

Les réseaux sociaux : l’arme de distraction massive ?

La concentration à long terme s’affaiblit à mesure que la consommation de contenu numérique augmente.

Les réseaux sociaux et le flot de contenu médiatique sont indéniablement les premières causes de notre manque de concentration.

L’étude de Microsoft prouve que la capacité à rester concentré sur une seule tâche est étroitement liée :

  • Au volume de consommation de médias,
  • À l’utilisation de médias sociaux,
  • Au comportement multi-écrans,
  • À l’adoption des technologies…

La concentration à long terme s’affaiblit à mesure que la consommation de contenu numérique augmente.

C’est flagrant et les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Concentrez-vous quelques instants sur l’image ci-dessus.

Elle indique le pourcentage de durée d’attention selon l’intensité d’utilisation des plateformes numériques.

Le pourcentage qui me frappe le plus : une navigation Web élevée diminue de 39 à 27 % la durée d’attention.

Mais peut-être que ces outils numériques développent chez nous d’autres aptitudes ?

Selon l’étude de Microsoft, la réponse est oui.

Certes, le temps de concentration est beaucoup plus réduit. Mais les plages de concentration sont plus nombreuses.

Rien d’étonnant à cela, lorsque l’on connaît la théorie de la neuroplastie, ou « plasticité cérébrale », terme plus facile à comprendre.

La neuroplastie est cette agilité incroyable du cerveau humain à pouvoir s’adapter, se reprogrammer et développer de nouvelles capacités (source Wikipédia).

Autrement dit, notre cerveau s’est adapté aux réseaux sociaux d’une certaine manière !

Il a maintenant tendance à réfléchir plus vite… mais moins longtemps.

Être multi-tâche est-il un atout ?

Être multi-tâche est-il un atout ?

À défaut de nous faire devenir de grands penseurs, les réseaux sociaux et Internet nous font devenir des êtres multi-tâches.

Malheureusement, contrairement à ce que nous pourrions penser, le multi-tâche est loin d’être un avantage.

En effet, les collaborateurs qui jonglent entre tous leurs messages (SMS, mails, téléphone) et leur travail voient leur QI baisser de 10 points (source TNS).

C’est bien plus que l’effet du cannabis qui n’est que de 4 points.

Même s’il est “bien vu” en entreprise, le “multi-tâche” est en fait un leurre, un mythe…

Changer d’activité, passer de l’une à l’autre, consomme beaucoup d’énergie pour le cerveau.

Si, parfois, on a l’impression de réaliser plusieurs tâches à la fois, en réalité notre cerveau ne sait travailler que séquentiellement.

Ainsi, en effectuant des tâches “en parallèle”, votre performance globale est diminuée de 20 à 50 %, et le temps de réalisation allongé de 30 à 200 % (source Challenges).

Sans compter les erreurs qui se multiplient et le coût pour les entreprises.

En effet, si la durée pour faire votre travail s’allonge de 30 %, cela veut également dire que la productivité de l’entreprise baisse sûrement aussi de 30 %.

Je n’arrive plus à me concentrer au travail, c’est grave docteur ?

Je n'arrive plus à me concentrer au travail, c’est grave docteur ?

Précisons tout d’abord que je ne suis pas docteur en sciences médicales, tout au plus “docteur en Marketing Digital”.

Cependant, voici quelques idées et conseils pour vous aider à vous re-concentrer à votre tâche et gagner en efficacité.

Fermez la fenêtre de vos emails

Non, je vous ai vu ! Ne la réduisez pas, fermez-là, vraiment.

Au minimum, supprimez les notifications.

Ainsi, vous ne serez pas tenté d’aller y jeter un œil.

Et revenez-y dans 30 minutes, après avoir mis au clair le plan de votre prochain article de blog.

Isolez-vous avec papier et crayon quelques minutes, une fois par jour

Pour réfléchir à une problématique et une seule ! Et demandez à ne pas vous faire interrompre, même par un coup de fil hyper important.

C’est ce que Jeff Weiner fait 30 à 90 minutes par jour depuis qu’il est à la tête de LinkedIn. Vous serez créatif sur des problématiques de stratégie, notamment, si vous êtes concentré.

Accordez-vous plus de pauses (avec des alertes agenda !)

La matinée est passée comme un éclair et vous n’avez pas pris de pause.

Résultat, dans l’après-midi, la motivation est un peu en berne.

Vous allez papillonner sur Internet sans vraiment de but. Et en fin de journée, vous culpabilisez…

Accordez-vous des pauses, de vraies pauses et pas des moments volés par-ci par-là !

Planifiez vos tâches identiques au même moment dans la journée

Pour être plus efficace, organisez votre journée de travail :

  • Passez tous vos appels d’un coup,
  • Répondez à tous les mails qui attendent depuis 3 heures, au même moment.

Vous serez plus efficace, c’est sûr ! Le Taylorisme, ça vous dit quelque chose ?

Nous sommes beaucoup plus efficaces lorsque nous réalisons le même type d’actions dans des “blocs de travail” regroupant ces mêmes tâches.

Méditez

Apprenez à lâcher prise et à vivre le moment présent sans penser organisation et planification à chaque moment de la journée.

Alors oui, méditer, ça s’apprend. Et 10 minutes par jour suffisent avec l’aide d’applications de méditation guidée comme Petit Bambou.

Note : en plus, la plupart de ces astuces sont aussi bénéfiques pour travailler votre créativité indispensable pour mener à bien vos campagnes de Marketing Digital.

Être déconcentré, en quoi cela impacte votre Marketing Digital ?

Être déconcentré, en quoi cela impacte votre Marketing Digital ?

Alors, je vous vois venir !

Du genre, merci pour cette minute instructive sur le fonctionnement du cerveau, mais quel est le rapport avec le Marketing Digital ?

Le rapport est évident : vous êtes parfois déconcentré, et bien vos personas aussi !

Et il va falloir s’adapter ! Je vais vous expliquer comment.

Le lien avec le Marketing Digital ?

Toujours selon l’étude canadienne de Microsoft : “L’exaltation que les consommateurs connectés retirent du nouveau les pousse à passer d’une expérience à une autre. La dopamine, le neurotransmetteur qui procure le sentiment de bien-être, est libérée lorsque les consommateurs font quelque chose qu’ils trouvent gratifiant.”

La conséquence : 19 % des personnes consommatrices d’informations sur Internet passent à autre chose dans les 10 premières secondes.

Et ça, Google, Facebook, LinkedIn et autres réseaux sociaux le savent très bien !

Leurs algorithmes évoluent très régulièrement pour s’adapter au “toujours plus, toujours plus différent, toujours plus original” recherché par les internautes.

Et ainsi, ils donnent de la « valeur » sous forme de visibilité (et donc de chiffre d’affaire) à votre réactivité.

De la réactivité, donc, mais aussi de l’originalité et de la diversité.

1. Vos personas sont aussi concernés, adaptez vos actions

Le syndrome de déconcentration impacte vos personas et donc vos actions

Vos lecteurs et prospects ont un faible pour tout ce qui est nouveau.

Vous devez capter leur attention d’entrée de jeu avec des messages clairs et concis.

Le storytelling est un biais efficace.

Mais c’est un travail difficile qui n’est pas possible pour toutes les entreprises, alors concentrez-vous déjà :

  • Des grands titres éloquents,
  • Retirez toute information inutile,
  • Différenciez-vous,
  • Interagissez avec vos prospects,
  • Diversifiez vos moyens de communiquer (vidéos, webinaire)…

Lors d’une conférence, en juin 2016, Nicola Mendelsohn, de chez Facebook, prédisait que le célèbre réseau social allait devenir 100 % vidéo dans les 5 années à venir : “Le texte est en déclin, c’est un phénomène que nous observons au fil des ans. Si je devais parier sur l’avenir des réseaux sociaux, je dirais : vidéo, vidéo, vidéo.”

Et vous l’avez sans doute remarqué. Les vidéos sont de plus en plus présentes sur les réseaux sociaux personnels. Elles font aussi leur entrée sur les réseaux sociaux professionnels.

Et c’est totalement lié au problème de déconcentration : on “consomme” de la vidéo sans avoir besoin de faire d’effort.

Par conséquent, la vidéo devient un atout marketing.

Selon Aberdeen Group via Popcorn Vidéo, le taux de conversion moyen d’un site web sans vidéo est de 2,9 % seulement contre 4,8 % pour un site utilisant de la vidéo.

Vous avez bien lu : presque 2 fois plus !

2. La déconcentration impacte aussi votre propre entreprise

Le Syndrome de Déconcentration impacte votre propre entreprise

Mais être présent, partout et tout le temps, comment faire ? Cela semble difficile à concilier avec le fait d’avoir un “vrai métier”, non ?

Oui, c’est difficile, mais je suis là pour vous donner des idées.

Quelques solutions :

  • Organiser son temps pour caler des plages horaires “sacrées” de 1 à 2 heures durant lesquelles vous êtes sûr de ne pas être dérangé,
  • Répartir les rôles pour ne pas tomber dans le piège du faux multi-tâche : une personne en charge de gérer la réactivité (le Community Manager par exemple) et une autre pour la production de contenu (le rédacteur Web par exemple),
  • Automatiser certaines tâches : envoyez automatiquement votre newsletter, relayez automatiquement de vos publications sur les réseaux sociaux, identifiez vos liens cassés sur le site Web de votre entreprise, ou encore mettez-vous au Marketing Automation.

Par ailleurs, il est aussi possible de lutter contre le diktat de la réactivité tout en apportant de la valeur à vos interlocuteurs.

Que vaut une réponse immédiate, dans les 5 minutes, sans valeur ajoutée particulière ?

Ne vaut-il pas mieux une réponse 5 heures plus tard voire le lendemain, mais avec le complément d’info dont l’internaute a besoin et qui fera toute la différence pour lui ?

Tout dépend de votre cible, de votre persona.

  • Si vous ciblez des professionnels, présents par intermittence sur les réseaux sociaux, il est pertinent d’avoir une conversation “sur plusieurs jours”.
  • Si vous ciblez des jeunes très actifs sur les réseaux sociaux, c’est impossible. Après 3 heures à attendre votre réponse, ils passent à autre chose.

Pour conclure sur le Syndrome de Déconcentration et ses liens avec le Marketing Digital

Depuis l’arrivée des smartphones, notre temps de concentration est passé de 12 secondes à 8.

Appliquez ces quelques astuces pour tenter de vous concentrer sur votre travail :

  • Supprimez les notifications de votre smartphone,
  • Prenez régulièrement quelques minutes du papier et un crayon quelques minutes loin de votre ordinateur,
  • Faites des pauses,
  • Planifiez vos tâches,
  • Et pourquoi pas méditez…

Par ailleurs, vous allez aussi mieux comprendre le comportement volatil de vos prospects sur Internet.

En plus, leur niveau d’exigence s’est nettement accru. Ils ne veulent que le meilleur, et en plus tout de suite !

Vous devez faire preuve de créativité pour adapter vos actions Marketing en conséquence afin d’être sûr de capter l’attention de vos prospects :

  • Travaillez votre storytelling,
  • Passez à la vidéo,
  • Interagissez sur les réseaux sociaux…

Et comme la créativité et le multitâche ne font pas bon ménage, essayez de casser ce cercle vicieux.

Pour cela, n’hésitez pas à partager avec vos collègues ces quelques chiffres incroyables. À plusieurs, nous sommes toujours plus forts.

Pour résumer en 3 questions

Comment les médias sociaux et Internet affectent nos cerveaux ?

En étant trop souvent connecté, certains problèmes psychologiques peuvent apparaître comme la distraction, le narcissisme, l'attente d'une gratification instantanée, et même la dépression... En plus d'affecter la santé mentale des utilisateurs, l'utilisation de la technologie peut également avoir des répercussions négatives sur la santé physique, entraînant des problèmes de vision, une perte auditive et une fatigue du cou...

Comment entraîner votre concentration ?

Votre cerveau peut être entraîné. Vous pouvez donc travailler votre concentration. Commencez par vous déconnecter d'Internet au moins lorsque vous avez une tâche précise à réaliser. Éliminez toutes les autres distractions. Concentrez-vous sur une chose à la fois. Méditez...

Comment adapter vos actions de Marketing Digital ?

Vous n'êtes pas le seul à souffrir du syndrome de déconcentration. Vos clients potentiels aussi. Alors organiser votre présence en ligne pour capter leur attention. L'idéal est le storytelling. Mais ce n'est pas facile. Au minimum, ayez des titres accrocheurs pour vos contenus, éliminez toute information inutile, différenciez-vous, diversifiez vos moyens de communiquer (vidéos, webinaire...), interagissez sur les réseaux sociaux...

Qu’en pensez-vous ? Subissez-vous aussi ce syndrome de déconcentration ? Comment vous y adaptez-vous ?